lundi 28 juillet 2008

"Peuples du monde, notre heure est venue"


Voici le discours qu'Obama a tenu lors de sa récente visite à Berlin.

Merci à vous, les Berlinois, et à tous les citoyens allemands. Merci, Madame la chancelière Angela Merkel (…), pour votre accueil si chaleureux.

En venant à Berlin, je marche sur les traces de beaucoup de mes compatriotes. Ce soir, ce n'est pas le candidat à l'élection présidentielle qui s'adresse à vous, mais un citoyen fier d'être américain, un citoyen du monde.


Je sais, je ne ressemble guère à ceux qui ont pris la parole avant moi dans votre capitale. La route qui m'a mené jusqu'ici ne suit pas une ligne droite. Ma mère est née dans l'Amérique profonde, mais mon père a passé son enfance à garder des chèvres au Kenya. Son père, mon grand-père, était domestique au service des Anglais.

En pleine guerre froide, mon père décida, comme plusieurs de ses semblables aux confins du monde, que pour réaliser son ambition, son rêve, il avait besoin de la liberté et de l'égalité des chances que promettait l'Occident. Il a donc écrit sans relâche à toutes les universités américaines jusqu'à ce que quelqu'un, quelque part, entende sa prière pour une vie meilleure.

Voilà pourquoi je me retrouve ici aujourd'hui. Et vous qui êtes là avec moi, cette ambition, vous la connaissez aussi. Cette ville est bien placée, entre toutes, pour savoir ce que veut dire rêver de liberté. Vous le savez, si nous sommes ici ce soir, c'est que des hommes et des femmes de nos deux nations se sont unis pour travailler, pour se battre, pour se sacrifier en vue d'une vie meilleure.

Notre alliance a été scellée il y a exactement soixante ans cet été, le jour où le premier avion américain a atterri à l'aéroport de Tempelhof.

A cette époque, une grande partie du continent européen était encore sous les décombres. Et les ruines de cette ville allaient servir à élever un mur. Sur l'Europe de l'Est tombait la nuit soviétique, tandis qu'à l'ouest les Etats-Unis, l'Angleterre et la France constataient le désastre et cherchaient les moyens de reconstruire le monde.

Ce fut le point d'impact où les deux camps allaient se rencontrer. Le 24 juin 1948, les communistes imposèrent le blocus sur la partie ouest de la ville. Ils empêchèrent plus de deux millions d'Allemands d'être ravitaillés, pour essayer d'éteindre l'ultime étincelle de liberté à Berlin.

Face à la colossale puissance de l'armée soviétique, nos forces ne faisaient pas le poids. Pourtant, si nous avions battu en retraite, le communisme se serait répandu dans l'Europe entière. A peine achevée la dernière guerre mondiale, on était à deux doigts d'en voir commencer une nouvelle. Berlin était le dernier rempart.

C'est alors que fut mis en place le pont aérien, la plus grande et la plus improbable opération de sauvetage de l'Histoire, qui redonna nourriture et espoir aux habitants de cette ville.

Tout semblait contre nous. Cet hiver-là, l'épaisseur du brouillard assombrit le ciel, contraignant plusieurs avions à faire demi-tour sans avoir pu larguer leur ravitaillement. Ces avenues où nous sommes assemblés étaient alors remplies de familles affamées et sans logis.

Mais même aux heures les plus sombres, les Berlinois ont conservé vivante la flamme de l'espérance. Ils n'ont pas baissé les bras. Et enfin, par un beau jour d'automne, des centaines de milliers de Berlinois se sont réunis ici même, au Tiergarten, pour entendre l'appel de leur maire implorant le monde de ne pas abandonner la cause de la liberté. "Il n'y a qu'une seule possibilité, dit-il, c'est de rester unis jusqu'à la victoire… Peuples du monde, faites votre devoir… Peuples du monde, regardez vers Berlin!" Peuples du monde, regardez vers Berlin! Berlin, où Allemands et Américains ont appris à travailler main dans la main, à se faire confiance, trois ans à peine après s'être affrontés sur le champ de bataille.

Berlin, où le courage d'un peuple a rencontré la générosité du plan Marshall pour créer un "miracle allemand "; où la victoire sur la tyrannie a donné naissance à l'OTAN, la plus belle alliance jamais conçue pour la défense de notre sécurité commune.

Berlin, où les impacts de balles qui marquent encore les monuments et les colonnes de la Porte de Brandebourg sont autant de rappels à ne jamais oublier notre humanité commune.

Peuples du monde, regardez vers Berlin : là un mur est tombé, là un continent a pris forme, là l'histoire a prouvé qu'aucun défi n'était trop grand pour un monde enfin uni.

Soixante ans ont passé depuis ce pont aérien, et à nouveau on fait appel à nous. Une fois de plus, l'Histoire nous place à la croisée des chemins, face à de nouvelles promesses et face à de nouveaux périls. Lorsque vous, citoyens allemands, avez abattu ce mur qui divisait l'Est et l'Ouest, la liberté et la tyrannie, la peur et l'espérance, d'autres murs se sont effondrés dans le monde entier. De Kiev au Cap, on a fermé les camps de prisonniers et ouvert les portes à la démocratie. Les marchés aussi se sont ouverts, la diffusion de l'information et des technologies a renversé les barrières, laissant libre cours à l'esprit d'entreprise et à la prospérité. Si le XXe siècle nous a appris que nous partagions un destin commun, le XXIe montre que le monde est plus imbriqué que jamais.

La chute du mur de Berlin a ravivé l'espoir. Mais ces rapprochements ont aussi suscité de nouvelles menaces, qui ne peuvent être contenues dans les frontières d'un pays ni endiguées par la distance d'un océan.

C'est à Hambourg que les terroristes du 11-Septembre ont fomenté leur complot, c'est à Kandahar et à Karachi qu'ils se sont entraînés, avant de tuer des milliers de personnes venues de partout sur le sol américain.

Au moment même où je vous parle, des voitures à Boston et des usines à Pékin sont en train de faire fondre la banquise dans l'Arctique, de rogner le littoral atlantique et de provoquer la sécheresse des fermes du Kansas jusqu'au Kenya.

Des sites nucléaires insuffisamment protégés en ex-Union soviétique ou des secrets divulgués par un scientifique au Pakistan pourraient permettre la construction d'une bombe destinée à exploser à Paris. Les graines de pavot d'Afghanistan deviennent de l'héroïne à Berlin. La pauvreté et la violence en Somalie engendrent le terrorisme de demain. Le génocide au Darfour est une tache sur notre conscience à tous.

Dans ce monde nouveau, des courants dangereux se sont diffusé plus vite que nos capacités à les contenir. C'est pourquoi nous ne pouvons pas nous permettre d'être divisés. Aucune nation, aussi grande et puissante soit-elle, ne saurait relever seule de tels défis. Aucun d'entre nous ne peut nier la réalité de ces menaces, ni se soustraire à la responsabilité de leur faire face. Pourtant, depuis la disparition des chars soviétiques et de ce terrible mur, il serait facile de l'oublier. Et reconnaissons, en toute franchise, que parfois, des deux côtés de l'Atlantique, nous nous sommes éloignés et avons perdu de vue notre communauté de destin.

En Europe, l'opinion qui impute aux Etats-Unis une part de responsabilité dans les dérives de notre monde, au lieu d'y voir une force régulatrice, s'est banalisée. En Amérique, certaines voix se sont élevées pour dénigrer ou minimiser l'importance de l'Europe pour notre défense et notre avenir. L'un et l'autre bord méconnaissent la réalité : les Européens sont aujourd'hui investis de nouveaux fardeaux et assument davantage de responsabilités dans les régions en crise; et de même que les bases américaines construites au siècle précédent continuent de garantir la sécurité de ce continent, notre pays continue de se sacrifier sans compter pour la liberté du monde.

Certes, il y a eu des différends entre les Etats-Unis et l'Europe. Et il y en aura d'autres à l'avenir. Mais nous restons unis par les taches qu'impose une citoyenneté mondiale. Un changement d'administration à Washington ne les supprimera pas. En ce début de siècle, Américains comme Européens devront redoubler d'efforts. Le partenariat et la coopération entre les nations ne relèvent pas d'un choix : c'est la seule option pour assurer notre sécurité et faire progresser notre humanité commune.

C'est pourquoi le pire risque serait de laisser de nouveaux murs nous diviser.

Aucun mur ne doit plus séparer les anciens alliés de part et d'autre de l'Atlantique. Aucun mur ne doit plus séparer les pays riches et les pays pauvres. Aucun mur ne doit plus séparer les races et les ethnies, les citoyens de souche et les immigrés, les chrétiens, les juifs et les musulmans. Voilà les murs qu'il faut aujourd'hui abattre.

Nous savons qu'il en est tombé par le passé. Après des siècles de luttes, les Européens ont construit une Union pleine de promesse et de prospérité. Ici même, au pied d'une colonne érigée en mémoire de la guerre, nous nous retrouvons au centre d'une Europe de paix. Les murs ne sont pas tombés qu'à Berlin, ils sont aussi tombés à Belfast, où protestants et catholiques ont trouvé le moyen de vivre ensemble; dans les Balkans, où notre Alliance atlantique a mis fin aux conflits et a traduit en justice des criminels de guerre sanguinaires; en Afrique du Sud, où la lutte d'un peuple courageux a vaincu l'apartheid.

Les murs peuvent être abattus, l'Histoire nous le rappelle sans cesse. Même si ce n'est jamais facile. Le véritable partenariat et le véritable progrès demandent un travail constant et des sacrifices prolongés. Ils exigent un partage du fardeau du développement et de la diplomatie, du progrès et de la paix. Ils nécessitent des alliés qui sachent s'écouter mutuellement, qui apprennent les uns des autres et, surtout, qui se fassent confiance.

C'est pourquoi l'Amérique ne peut pas s'isoler. L'Europe ne peut pas s'isoler. Le temps est venu de lancer de nouveaux ponts à travers le monde, aussi solides que ceux qui nous ont liés de part et d'autre de l'Atlantique. Le temps est venu de nous unir, au moyen d'une coopération constante, d'institutions solides, de sacrifices partagés et d'un engagement universel pour le progrès, afin de répondre aux défis du XXIesiècle. C'est cet esprit-là qui a propulsé des avions dans le ciel au-dessus de nous, qui a rassemblé tant de gens là où nous sommes aujourd'hui. Le temps est venu pour nos nations, pour toutes les nations, de raviver cet esprit.

Le temps est venu de mettre un terme au terrorisme et d'assécher la source d'extrémisme qui l'alimente. Cette menace reste bien réelle, et nous ne pouvons pas nous soustraire à la responsabilité de la combattre. Si nous avons pu fonder l'OTAN pour vaincre l'Union soviétique, nous pouvons encore créer un partenariat nouveau et global pour démanteler les réseaux qui ont frappé à Madrid et à Amman, à Londres et à Bali, à Washington et à New York. Si nous avons pu remporter une bataille idéologique contre le communisme, nous pouvons soutenir la grande majorité des musulmans qui s'opposent à l'extrémisme porteur de haine plutôt que d'espérance.

Le temps est venu de raffermir notre résolution d'éradiquer les terroristes qui mettent en péril notre sécurité en Afghanistan, et les trafiquants qui vendent de la drogue dans nos rues. Personne n'est pour la guerre. Je reconnais que les difficultés en Afghanistan sont énormes. Mais mon pays et le vôtre ont tout intérêt à ce que la première mission de l'OTAN hors d'Europe réussisse. Pour les Afghans, et pour notre sécurité à tous, le travail doit être fait. Les Etats-Unis ne peuvent agir tout seuls. Les Afghans ont besoin de nos soldats et des vôtres, de notre soutien et du vôtre, pour en finir avec les talibans et Al-Qaida, pour développer leur économie et pour les aider à reconstruire leur pays. Trop d'intérêts sont en jeu pour que nous puissions faire marche arrière maintenant.

Le temps est venu de remettre à l'ordre du jour l'objectif d'un désarmement nucléaire mondial. Les deux superpuissances qui se mesuraient de part et d'autre du mur de Berlin ont trop souvent frôlé la destruction de tout ce que nous avons construit et de ce qui nous est cher. Maintenant que ce mur est tombé, nous ne pouvons pas rester les bras ballants à contempler une prolifération nucléaire mortifère. Il est temps de neutraliser tous les déchets nucléaires épars, d'enrayer le développement des armes atomiques et de réduire les arsenaux d'une autre époque. Il est temps de commencer à œuvrer pour la paix dans un monde sans armes nucléaires.

Le temps est venu pour chaque nation en Europe d'être maître de son propre destin, débarrassé des ombres du passé. Dans ce siècle, nous avons besoin d'une Union européenne forte, qui enracine la sécurité et la prospérité de ce continent, tout en gardant une main tendue vers l'extérieur. Dans ce siècle, dans cette ville même, rejetons les vieux réflexes de guerre froide, pour travailler avec la Russie chaque fois que nous le pouvons, défendre nos valeurs chaque fois que nous le devons, et établir une coopération qui s'étende à travers ce continent tout entier.

Le temps est venu de construire sur la richesse créée par l'ouverture des marchés, et de partager ses bénéfices plus équitablement. Le commerce a été la pierre angulaire de notre croissance et du développement mondial. Mais nous ne pourrons pas maintenir cette croissance si elle favorise seulement quelques privilégiés. Ensemble, nous devons inventer un commerce qui rémunère véritablement un travail producteur de richesse, assorti de réelles protections pour les hommes et pour notre planète. Le temps est venu d'un commerce libre et équitable pour tous.

Au Moyen-Orient aussi, le temps est venu d'une aube nouvelle. Mon pays doit s'unir au vôtre et à l'Europe tout entière pour adresser un message clair à l'Iran, qui doit renoncer à ses ambitions nucléaires. Nous devons soutenir les Libanais qui ont manifesté et versé leur sang pour la démocratie, ainsi que les Israéliens et les Palestiniens qui cherchent une paix solide et durable. Et malgré les divergences du passé, il est temps que le monde entier soutienne les millions d'Irakiens qui essaient de reconstruire leur existence, alors même que nous passons le relais au gouvernement irakien en mettant fin à cette guerre.

Le temps est venu de nous unir pour sauver la planète. Engageons-nous à laisser à nos enfants un monde où le niveau des océans, les famines et les tempêtes ne dévastent pas nos terres. Engageons-nous à ce que toutes les nations, y compris la mienne, agissent avec la même détermination dont a fait preuve votre pays, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Il est temps de rendre à nos enfants leur avenir. Il est temps de nous rassembler.

Et il est temps de rendre l'espoir aux oubliés de la mondialisation. Souvenons-nous que la guerre froide née dans cette ville n'était pas une lutte pour un territoire ou un butin. Il y a soixante ans, les avions qui survolaient Berlin n'ont pas lâché des bombes, mais de la nourriture, du charbon et des bonbons à des enfants reconnaissants. Et par ce geste de solidarité, ces pilotes ont remporté bien davantage qu'une victoire militaire. Ils ont gagné les cœurs et les esprits, l'amour, la loyauté et la confiance, non seulement des habitants de cette ville, mais de tous ceux qui ont appris ce qu'ils avaient fait ici.

Le monde entier nous regarde et se souviendra de ce que nous allons décider en ce lieu, en ce moment même. Allons-nous tendre la main aux oubliés de ce monde, qui aspirent à une vie de dignité, d'égalité, de sécurité et de justice? Allons-nous libérer les enfants du Bangladesh de la pauvreté, abriter les refugiés du Tchad, venir à bout de l'épidémie de sida? Allons-nous nous battre pour le respect des droits humains des dissidents de Birmanie, des blogueurs d'Iran ou des électeurs du Zimbabwe? Allons-nous donner un sens à la formule Jamais plus! au Darfour? Allons-nous reconnaître qu'il n'est pas d'exemple plus convaincant que celui que nos nations donnent au monde? Allons-nous rejeter la torture et prendre le parti de la loi? Allons-nous accueillir les immigrants de différentes origines, nous opposer à la discrimination contre ceux qui ne nous ressemblent pas ou ne partagent pas notre religion, et honorer la promesse de l'égalité des chances pour tous? Peuple de Berlin, peuples du monde, notre heure est venue.

Je sais que mon pays n'est pas parfait. Qu'il nous est arrivé d'avoir du mal à respecter notre promesse de liberté et d'égalité pour tous. Nous avons commis notre lot d'erreurs, et nos actions de par le monde n'ont pas toujours été à la hauteur de nos intentions les meilleures.

Mais je sais aussi combien j'aime les Etats-Unis. Je sais que pendant plus de deux siècles, nous nous sommes efforcés, au prix d'énormes sacrifices, de cimenter une union toujours plus parfaite, de chercher, avec d'autres nations, un monde toujours plus rempli d'espoir. Nous n'avons jamais été inféodés à une tribu ou à un royaume particulier; de fait, toutes les langues sont parlées dans notre pays; toutes les cultures ont laissé leur empreinte sur la nôtre, tous les points de vue s'expriment sur la place publique. Ce qui nous a toujours uni, ce qui a toujours animé notre peuple, ce qui a conduit mon père jusqu'aux rivages des Etats-Unis, c'est un ensemble d'idéaux qui répondent aux aspirations partagées par tous : nous pouvons vivre libérés de la peur et de la pauvreté, nous pouvons exprimer nos opinions, nous assembler avec qui nous voulons et pratiquer la religion de notre choix.

Voilà les aspirations qui ont uni les destins des nations dans cette ville. Ces aspirations sont plus fortes que tout ce qui pourrait nous séparer. C'est grâce à elles que le pont aérien a pu être mis en place. Grâce à elles que tous les hommes libres, partout dans le monde, sont devenus des Berlinois. C'est en poursuivant cet idéal qu'une nouvelle génération, notre génération, doit laisser son empreinte sur le monde.

Peuple de Berlin, peuples du monde, le défi qui nous attend est grand. La route sera longue. Mais je suis venu vous dire que nous sommes les héritiers de la lutte pour la liberté. L'espérance qui est la nôtre est utopique. Le regard tourné vers l'avenir, avec dans nos cœurs une détermination inébranlable, souvenons-nous de cette histoire, prenons notre destin en main, et reconstruisons le monde."

mercredi 30 avril 2008

Contribution pour le Congrés du PRG Mai 2008


Prendre le parti des entrepreneurs
Par Majid EL JARROUDI

« Dire que le parti radical n’est pas un parti comme les autres, c’est simplement dire qu’il reflète un état tout nouveau des choses politiques en France », énonçait Fernand Buisson en 1910. Cette parole est encore d’actualité aujourd’hui. Le Parti Radical de Gauche est porteur de valeurs que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le paysage politique français. C’est, bien sûr, le parti de la laïcité mais c’est aussi le parti de l’Europe ou encore le parti de l’économie sociale de marché. C’est également le parti de la diversité et du verbe haut depuis la candidature de Christiane Taubira en 2002.
Il est temps que la voix radicale se fasse entendre dans le silence assourdissant de la gauche, assommée par des défaites nationales, et incapable de bâtir à partir de succès locaux. Notre parti n’existe qu’à travers sa capacité à être en phase avec son époque, voire être en avance. Nos membres sont pour la plupart des hommes et des femmes actifs, engagés dans la vie de la cité et engagés professionnellement. Ce sont des individus épris de liberté et convaincus que la vie offre des opportunités à ceux qui s’engagent. Mais ils n’oublient pas les plus faibles et pensent qu’il faut mieux apprendre à pécher plutôt que donner un poisson à celui qui a faim. L’association entre les hommes est notre credo. Le solidarisme est notre doctrine. L’émancipation économique est l’un de nos objectifs.
Il est temps qu’un parti à gauche s’adresse de manière pragmatique à un public soi-disant acquis à la droite : les entrepreneurs. « Un radical, c’est un homme avec les pieds sur terre, et la tête dans les étoiles » disait le regretté Michel Crépeau. Cette définition sied avec la même justesse aux entrepreneurs. L’entrepreneuriat, selon la vision radicale, met l’homme, et non les organisations, au centre de la réflexion. Les entrepreneurs sont chez eux, au Parti Radical de Gauche.
L’entrepreneuriat est une voie que bon nombre de radicaux ont emprunté. C’est le chemin de l’ascension sociale, du courage, de la foi en ses rêves. C’est un chemin ardu, mais plein de promesses. Trop longtemps, on a stigmatisé les chefs d’entreprise comme des prédateurs économiques, toujours prêts à profiter de la faiblesse du peuple. Or, on oublie que plus de 50 % des entreprises en France, sont des entreprises unipersonnelles, ou que plus de 15 millions de français rêvent un jour de créer leur entreprise.
Seules 250.000 personnes s’engagent dans l’entrepreneuriat chaque année. Pourquoi si peu alors que le désir est profond ? Pourquoi aussi si peu d’entreprises arrivent à survivre au bout de 5 ans (50%) ? Combien de véritables success stories d’entrepreneurs partis de rien? La vérité est que la mentalité française n’encourage pas les bâtisseurs de rêves. La crainte de l’échec, rédhibitoire en France, paralyse les énergies. Il manque une volonté politique forte pour encourager la création de richesses à travers l’entrepreneuriat. Cela passe par trois axes forts : une politique de sensibilisation, un travail d’accompagnement, et un soutien financier (voire un soutien au chiffres d’affaires).
Les enjeux de l’entrepreneuriat sont multiples. Il s’agit de mobiliser à nouveau la population française à travers une valorisation des initiatives de chacun. En valorisant les hommes et les femmes qui construisent, la France apprendra à s’aimer à nouveau. L’entrepreneuriat offre également la possibilité à bon nombre de français de donner du sens à leur existence, en étant capable de se réaliser à travers leur emploi, ou leur projet. L’entrepreneuriat est une aventure collective qui agrège les hommes et les femmes autour d’un désir commun, et qui met les compétences de tous au service d’une cause. L’entrepreneuriat n’offre pas la place à des querelles intestines que l’on retrouve trop souvent dans des grandes entreprises.
La question de l’entrepreneuriat revêt une autre dimension plus inattendue, celle-là. Le plus fort taux de création d’entreprise en France se trouve dans les zones urbaines sensibles. On pourrait penser qu’il s’agit là uniquement d’une réponse conjoncturelle au chômage endémique qui touche les banlieues. Or, c’est surtout le fait d’une population jeune, diverse et très dynamique. Cette population qui croie fermement à l’ascension sociale à travers le travail, est sensible naturellement au discours du Parti Radical de Gauche, qui met l’homme au centre de tout.
La position du Parti Radical de Gauche est donc unique dans le paysage politique français. Nous pouvons porter des mesures simples mais avec une haute portée symbolique : mise en place d’actions de sensibilisation auprès des plus jeunes, en leur expliquant l’entreprise et en leur présentant des parcours d’entrepreneurs ; nommer des maires adjoints à l’entrepreneuriat dans les communes ; militer pour la création d’un grand ministère de l’entrepreneuriat ; mener des expérimentations afin de réserver une part des marchés publics pour de jeunes entreprises ; encourager les grandes entreprises du CAC 40 à travailler avec une diversité de fournisseurs, installées dans des ZUS par exemple.
Grace à notre implantation locale, nous sommes déjà en mesure en mettre en place un certain nombre de ces mesures. Nous devons assumer désormais pleinement notre positionnement social-libéral en réfléchissant à une doctrine économique en phase avec notre temps. Les travaux de notre ami Thierry Jeantet sur l’économie sociale doivent inspirer une cellule de réflexion interne capable de promouvoir une nouvelle idéologie, celle de l’économie sociale de marché. La question de l’entrepreneuriat social – entreprendre pour créer de la valeur sociale, et non pour créer de la valeur ajoutée - est capable d’impacter la société de manière significative. L’un des exemples les plus frappant est celui de Mohamed Yunus, prix Nobel de la paix 2006, pour la création du micro crédit. Nous pouvons réfléchir et proposer sur le concept de social business et prouver qu’à Gauche nous sommes capables d’innover économiquement, tout en étant pragmatiques.
Les chantiers sont nombreux sur cette question : mobiliser les français sur l’entrepreneuriat, élaborer un nouveau modèle économique social, innover dans l’entrepreneuriat social, réconcilier la gauche et l’entreprise… Toutes ces questions donnent du sens à notre engagement radicalement à gauche et nous démarquent considérablement de nos partenaires à gauche. Le pari de l’entrepreneuriat est un pari sur l’avenir, sur les hommes… Affichons nos couleurs, défendons nos valeurs, soyons audacieux, et proclamons haut et fort que nous sommes des radicaux.

mercredi 12 mars 2008

L'économie à Gauche



Dans le cadre des élections municipales à Paris, voici une intervention que j'ai réalisé avec Laurence Girard (à ma gauche) sur les questions d'économie et d'entrepreneuriat à Paris.

vendredi 7 mars 2008

Soutien de Christiane Taubira


Dans le cadre des municipales 2008 à Paris, j'ai eu le plaisir de recevoir le soutien des plus chaleureux de la députée de Guyane, candidate à l'élection présidentielle 2002, Christiane Taubira.

samedi 1 mars 2008

Présentation



Tout d'abord, une petite présentation.
Je suis Majid El Jarroudi, j'ai 31 ans et suis célibataire.
Mon parcours universitaire et personnel m'a amené très vite à m'interesser à l'entrepreneuriat. J'ai mené des études en gestion à la Sorbonne, et en journalisme à l'Institut Français de Presse, puis j'ai obtenu un DESS en gestion de l'information à Sciences Po.
Après mon cursus universitaire, j'ai décidé de passer un an outre atlantique, aux USA et au Canade. J'y ai pris conscience de l'esprit d'entreprise qui y regnait, et l'idée d'être moi même un entrepreneur a pris peu à peu de l'ampleur.
A mon retour en France en 2003, j'ai donc décidé de créer mon cabinet de conseil en création d'entreprise: Algoconsult. Mon souhait était d'accompagner les entrepreneurs dans leur développement. J'ai par la suite ouvert lounge, le Sezam Café (2005), afin d'organiser des évenements culturels (rencontres avec des écrivains, slam sessions, cafés politiques, concerts, expositions...). Je suis enfin dirigeant d'une agence immobilière, Immokey, depuis 2007 située à Paris dans le 8e.
Mes activités extra-professionnelles sont elles aussi liées à l'entrepreneuriat. Je suis devenu, en 2005, Délégué National (à l'entreprise) du Parti Radical de Gauche, et je suis Secrétaire Général de Jeunes Entrepreneurs de France.
L'entrepreneuriat est donc pour moi une passion qui se conjugue avec action et militantisme.